7femmesde Lydie Salvayre, aux éditions Perrin, 18€

Lydie Salvayre, invitée des Lettres d’Automne en 2008, publie un livre dans lequel elle fait le portrait de 7 femmes. Sept allumées, sept écrivaines, pour qui écrire est toute la vie. Sept femmes assez folles pour affirmer leur volonté présomptueuse d’écrire dans un milieu littéraire essentiellement gouverné par des hommes.
Lydie Salvayre a relu tous leurs livres, s’est plongée dans les biographies, les lettres, les journaux intimes de ces sept femmes. Elle constate que pour ces femmes vivre sans écrire revenait à mourir. Mais elle fait aussi un constat plus sombre : ces femmes qui aimèrent infiniment la vie, qui aimèrent infiniment l’amour, qui furent comblées de tous les dons du ciel, ces femmes vécurent presque toutes un destin malheureux.

Qui sont ces sept femmes ? Certaines bien connues telles Emily Bronté, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, d’autres moins comme Djuna Barnes et Ingebord Bachmann.
Emily Bronte mourra en 1848, à 30 ans. Elle ne saura jamais qu’un écrivain nommé Georges Bataille désignera, un siècle après, Les Hauts de Hurlevent comme le plus grand roman d’amour de tous les temps.
Djuna Barnes, née en 1892 dans l’état de New York, eut de nombreux amants, vécut les années effervescentes du Montparnasse des années vingt, écrivit Le bois de la nuit.
Sylvia Plath, poétesse américaine, arrivée en 1956 à Cambridge, tombe amoureuse du poète anglais déjà célèbre Ted Hughes, vit une véritable passion amoureuse avec lui qui tournera mal. Elle se suicidera à 30 ans. Claude Pujade Renaud a consacré à cette histoire très romantique de passion entre deux grands auteurs un livre Les femmes du braconnier que je vous ai vivement recommandé.
Colette, l’auteur de La naissance du jour, de Sido, du Blé en herbe, a su aussi émouvoir Lydie Salvayre.
Marina Tsvetaeva, l’un des plus grands écrivains russes du vingtième siècle, se heurta, de son vivant, à une surdité totale. Ses lettres demeurèrent sans réponse, ses manuscrits furent refusés. Elle en éprouvera un vif sentiment d’exclusion qui, joint à des conditions d’existence effroyables, la conduiront à se pendre en URSS en 1941, deux ans après son retour.
Virginia Woolf, l’auteur d’Orlando (1928), des Vagues (1931), des Années (1934) écrivain d’une grande délicatesse qui se laisse affecter par les paroles critiques dont la valeur est éphémère et les paroles mondaines dont elle dit elle-même qu’elles sont creuses. Elle entrera un jour dans la rivière l’Ouse les poches pleines de pierre. Les eaux se refermeront sur elle.
Ingeborg Bachmann, la septième femme racontée par Lydie Salvayre, est née en 1926 en Autriche. Lorsqu’elle a vingt et un an elle rencontre Paul Celan qui deviendra l’un des poètes majeurs du XXe siècle. Fille d’un homme qui s’est rangé du côté d’Hitler elle aime un poète juif qui a échappé aux camps d’extermination où ses deux parents moururent. Elle finira, elle aussi, tragiquement : un soir, écrasée de somnifères elle n’éteignit pas sa cigarette avant de s’endormir.

Je vous invite à aller plus loin dans votre connaissance de ces sept femmes en vous plongeant dans le livre passionnant de Lydie Salvayre. Avec un grand risque : celui d’avoir l’envie irrésistible de (re)lire ces sept femmes.