AimerFatiguede Philippe Fusaro , aux éditions Editions de l’Olivier , 15€

Voici un épisode de la vie de Tennessee Williams ou plutôt de son avatar littéraire, Memphis. C’est ainsi que l’a baptisé  Philippe Fusaro, qui a déjà publié 2 autres romans à la Fosse aux Ours, un ancien libraire, je le souligne au passage…

L’histoire se passe le temps d’un été et d’un automne à Tanger, autour d’un trio : le célèbre écrivain Memphis noie méthodiquement dans l’alcool et les barbituriques la douleur de la perte de son amour et de sa panne d’inspiration. Il se lit d’une amitié improbable avec un drôle de type, La Spia, espion à la petite semaine, amant d’une starlette de péplums, la jolie et ambitieuse Lulù. Ils se retrouvent à 2 ou à 3, le plus souvent la nuit, déambulant d’un bar à un autre, d’une piscine à la plage, d’une chambre d’hôtel à celle d’un palace, dans ce Tanger mythique, qui a inspiré Paul Bowles et la Beat Génération.

Ce roman d’atmosphère est truffé de clichés, autant d’hommages mélancoliques à la littérature et au cinéma des années 50 à 70 : Tanger, le luxe, la femme fatale, l’espion, l’écrivain solitaire et alcoolique. Pour autant, il s’agit d’une œuvre originale, aux charmes subtils, qui nous entraîne sournoisement dans une superbe ivresse, où le rêve investit la réalité, où l’effroi du désespoir est combattu par une amitié ambiguë.

A lire la nuit, un verre de rhum-coco ou une coupe de champagne glacée à portée de main.