En 1945, la jeune fille de 16 ans était privée de vie par le régime nazi. En 2016, son célèbre journal est privé du domaine public.

Selon la législation sur le droit d’auteur, Le Journal d’Anne Frank devait entrer dans le domaine public le 1er janvier 2016. Le Fonds Anne Frank, gestionnaire du copyright, est parvenu à conserver son exploitation jusqu’en 2030 voire 2050, privant Le Journal du domaine public. Rappelons que Le Journal d’Anne Frank est un best-seller et qu’il compte parmi les livres les plus vendus au monde. D’autre part, la gestion du copyright s’étend également aux droits dérivés que sont toutes les adaptations cinématographiques, radiophoniques ou graphiques.

La préoccupation financière est manifeste. Le Fonds Anne Frank rappelle officiellement que la diffusion du document est illégale. Les contrevenants s’exposent donc à la contrefaçon. Les éditions Livre de Poche par sa directrice Véronique Cardi rappellent aux contrevenants les « actes de contrefaçon » que constitue la publication du journal sur internet et met en demeure de retirer les fichiers.

De nombreux intellectuels à l’instar d’Olivier Ertzscheid contestent ce calcul des droits d’auteurs et le mauvais esprit du Fonds Anne Frank. En vain.

Le régime nazi a laissé mourir Anne Frank dans l’ignominie d’un camp. L’économie libérale assassine aujourd’hui sa mémoire.