de Dominique Barbéris, aux éditions Gallimard, collection Blanche, 15.90€

Beau Rivage est le nom d’un hôtel au bord d’un lac de montagne, quelque part près de la frontière suisse –un de ces lacs alpins qui ont tant fait pour l’avancée de la neurasthénie dans la littérature européenne. La narratrice accompagne son mari venu y chercher le calme pour finir de rédiger sa thèse. Et du calme, il n’en manque pas. En dehors de la patronne qui rêve de tropiques en écoutant des valses de Strauss, un seul autre couple habite l’hôtel : une danseuse dépressive et son industriel de mari. Puis un homme arrive, Serge, peut-être diplomate, peut-être trafiquant, et, comme il n’y a rien d’autre à faire, la narratrice va s’inventer des histoires, soupçonner des liaisons, se découvrir des faiblesses…
On sort de ce roman comme d’une rêverie éveillée, un peu cotonneux, un peu troublé d’avoir approché la magie de la littérature quand elle touche à la poésie, quand elle nous amène au bord de ce que Pessoa appelle « l’intranquillité » -cet autre beau rivage.

Paru en août 2010. Roman. 14×20 Cm. Broché. 160 pages.