berenice-34-44de Isabelle Stibbe, aux éditions Serge Safran, 18€

Ce livre est à conseiller sans barguigner, comme dirait Bernard Pivot, à tous les amoureux du théâtre. D’une part parce que, comme l’annonce le bandeau, il fait le portrait de la Comédie-Française sous l’Occupation -et la reconstitution historique est parfaite, extraordinairement documentée (le seul reproche qu’on pourrait faire serait qu’elle le soit trop). Et d’autre part ce roman ne parle que d’une chose : la passion absolue, exclusive, dévorante, d’une jeune fille pour le théâtre.

Bérénice la bien-nommée, fille d’un émigré juif d’Europe de l’Est devra renier sa famille et son nom pour arriver là où elle veut aller : sur la scène de la Comédie-Française, et en vedette. Mais peut-on ingénument rêver de gloire alors que règnent la délation et la volonté d’anéantir tout un peuple ? L’auteur nous prévient d’entrée : cette histoire-là, Bérénice ne la racontera jamais à ses enfants.

C’est aussi le rôle du roman que de rendre une mémoire à ceux qui en ont été privé.