de Lydie Salvayre, aux éditions Seuil, 17€

BW craint de perdre la vue. Poussé par une impérieuse nécessité il raconte à Lydie Salvayre ce qu’il a gardé secret durant leurs années de vie commune.
J’avoue que j’abordais ce livre avec une certaine appréhension : le panégyrique d’un éditeur, compagnon de l’auteur… Bof ! Mais dès la, première page j’ai été happé, embarqué dans cette traversée de la vie de BW.
La forme est originale : c’est BW qui parle, de temps en temps interrompu par l’auteur qui, la nuit, met en forme, compose. La vie de BW est riche. Il ne reste pas en place : J’ai toujours eu le feu au cul et à l’âme . Il n’a aucun sens de la mesure S’il boit, c’est trop. S’il rompt, c’est à jamais. S’il souffre, c’est à mort. S’il aime, c’est corps et âme. Fugues, frasques, voyages, soif de liberté. Mais sa véritable passion c’est la littérature. Il hait la tiédeur, surtout la tiédeur littéraire et enrage de constater que les grosses structures littéraires sacrifient la qualité (qui est l’avenir de la littérature et sa raison d’être) sur l’autel de la finance (qui est sa raison de crever). Devant ces mœurs éditoriales qu’il abhorre il décidera de quitter l’édition par fidélité à l’édition. Mais il lui reste la lecture, le plaisir pur, inentamée de la lecture. Plaisir qui se retrouve tout au long de ce beau livre, écrit à vif, où des pages superbes sur l’Inde et le Liban, entre autres, côtoient une permanente déclaration d’amour à la littérature.