de Philippe-Marie Bernadou, aux éditions L’Arpenteur (Gallimard), 9€

Un homme vient signaler la disparition de sa compagne Léa au lieutenant de police de Cadaqués. La veille au soir, dans un restaurant local, ils se sont disputés – s’ils s’entendent parfaitement sur le futile, sur l’essentiel tout les sépare – puis ils ont été se promener sur la plage, un de leurs nombreux rituels ; cela fait vingt ans qu’ils viennent à Cadaqués, deux à trois fois par an. C’est ici, alors qu’ils se connaissaient à peine qu’ils sont venus chercher à voir s’ils se supporteraient.
Après la plage, dans la fraîcheur de la nuit, ils ont été se promener dans les petites rues, ils ont traversé un jardin et soudain Léa avait disparu.
Il raconte Léa et leur histoire commune au lieutenant de police : entre eux, c’est toute la tendresse et toute la passion, tout le désir et toute la patience. Et un amour fou pour Cadaqués. Que viennent-ils faire ici ? Contempler le plaisir que chacun voit briller dans les yeux de l’autre.
Léa est peintre. Lui n’entend rien à la peinture, ni aux gens. C’est avec les pierres qu’il a de l’affinité. Léa vient chercher la lumière et les ombres, celle des « grands transparents », les disparus, Dali, Magritte et sa femme, Eluard et sa femme Gala qui restera avec Dali. Sans oublier Duchamp qui fascine tant Léa.
Et Marcel Duchamp. Je crains chaque fois que je prononce son nom, de perdre Léa tellement il la fascine. Inutile de noter, lieutenant, il est mort depuis longtemps. Léa le tient pour le plus grand artiste du siècle. Vous lui demanderez pourquoi. Moi, ce qui me touche, c’est que Duchamp n’est pas pour Dali l’ami des fêtes et de l’oubli. Duchamp est la mémoire et la fidélité.
Une belle déclaration d’amour à Cadaqués. On brûle d’envie d’aller sur les traces de Léa. Le syndicat d’initiative local devrait acheter une palanqué de cet ouvrage.
Un livre écrit dans une belle langue élégante et légère qui nous fait toucher au plus profond des personnages sans pour autant que s’évanouisse leur mystère.
n.b. Avant Cadaqués, aller simple Philippe-Marie Bernadou qui est libraire à Montauban (librairie Deloche) a publié trois recueils de poèmes aux éditions Rougerie.

70 pages.