de Pierre Autin-Grenier, aux éditions Finitude, 15€

« Le maître de la forme brève » est de retour. Il s’est même, pour notre plus grande joie, dédoublé, endossant les habits élimés d’Anthelme Bonnard, une forte gueule, un peu Père Peinard, un peu Ribouldingue –et beaucoup Autin-Grenier, tout de même.
Nous sommes dans un monde à peine futur, déjà terriblement présent, où les interdictions édictées par la Police du peuple font florès : interdit de jouer de la musique dans les rues, de posséder un couteau suisse avec tire-bouchon, de lire en public, etc…, dans un monde qui s’enlise dans ses propres déchets.
Plus que jamais ici, l’humour est la politesse du désespoir. Il faut toute la précision –disons-le : toute la beauté- de la langue d’Autin-Grenier, qui jongle avec les registres, du savant à l’argotique, qui toujours case le mot juste à la bonne place, pour que la hargne ne finisse pas par se détester elle-même et qu’il reste assez d’espoir en l’homme pour s’en faire une cocarde. Voilà qui est fort et bousculant comme un café arrosé à huit plombes du mat’.

Paru en avril 2010. Nouvelles. 12×17 Cm. Broché. 160 pages.