de Tom Robbins et Traduit de l’américain par François Happe, aux éditions Gallmeister, 24.9€

Voici, enfin, un livre de Tom Robbins traduit en français. Cet auteur qui a publié neuf romans et un recueil de nouvelles en près de quarante ans, est très connu et apprécié non seulement aux États-Unis mais aussi en Asie et en Europe. Pourquoi un si long silence ? Philippe Beyvin, dans sa postface, émet une hypothèse : Pour l’auteur dont la devise a toujours été Joy in spite of everything – la joie contre tout – la vie doit avant tout être heureuse et il n’a de cesse de nous exhorter au bonheur dans une vision critique qui cherche à comprendre pourquoi nous sommes si humains. Serions-nous réfractaires à cette joie revendiquée ?

Car personne n’écrit comme Tom Robbins. Une langue imagée et explosive, où chaque phrase est un monde, obsession qu’il a toujours eue : dès l’âge de cinq ans il dictait des histoires à sa mère et protestait si elle voulait en changer un seul mot.

Né en 1936 en Caroline du Nord, considéré comme l’un des pères de la culture pop, il a écrit neuf romans dont le très célèbre Même les cow-girls ont du vague à l’âme, porté à l’écran pas Gus Van Sant. Il vit près de Seattle.

Venons-en à son roman qui, bien qu’écrit il y a quinze ans, n’a pas pris une ride. Il commence ainsi : Ce jour-là, la Bourse tombe de son lit et se brise la colonne vertébrale : c’est le pire jour de ta vie. Enfin c’est ce que tu penses. Gwendolyn, 29 ans, est gestionnaire de fortune à Seattle. Ses ambitions s’écroulent avec les marchés financiers ce fameux jeudi saint. Elle va passer un week-end pascal chargé en événements pour le moins contrariants : le singe kleptomane de son petit ami s’enfuit plongeant son maître dans le plus grand désarroi, sa meilleure amie, une cartomancienne obèse disparaît elle aussi, Larry Diamond un ex-trader devenu aventurier, farfelu et philosophe, de retour de Tombouctou où il a appris pourquoi les grenouilles disparaissent de la surface de la terre, tente avec assiduité de s’introduire dans sa vie, un étrange médecin japonais inventeur d’un remède miracle contre le cancer donne des espoirs aux boursicoteurs, …

C’est drôle, subversif, débridé, très bien observé, prophétique, frondeur. Et c’est fort bien raconté avec un beaucoup d’humour. Un livre pimenté qu’on ne lâche pas avant la dernière ligne.

428 pages.