CorpsAmede Frank Conroy (Traduit de l’américain par Nadia Akrouf), aux éditions Gallimard (Folio), 9,10€

Une histoire pittoresque, souvent drôle, très romanesque, avec des héros auxquels on s’attache avec passion. Au début il y a Claude qui, jeune enfant, passe son temps grimpé sur une chaise à regarder, derrière les barreaux du soupirail où il est enfermé, le va et vient des chaussures des passants sur le trottoir new-yorkais. Sa mère, qui fait taxi, rentre la nuit venue épuisée et compte ses pièces en buvant de la bière. Un jour dans la pièce du fond de ce misérable petit appartement, encombrée de piles de journaux, de vieilles valises, de pneus et de bidons d’huile, Claude découvre un petit piano console, blanc, avec soixante-six touches et un miroir au-dessus du clavier. Plus tard, beaucoup plus tard, il donnera en soliste un concert à Carnegie Hall !
La seconde héroïne c’est la ville de New York, celle des années 40 et 50. New York la fascinante qui insuffle cette incomparable énergie stimulante à ceux qui y vivent. La troisième héroïne c’est… la musique. Ou plutôt les musiques : jazz, musique classique, musique contemporaine…
Vous savourerez les portraits extraordinaires de professeurs de piano, les discussions passionnantes sur l’art de la composition sur les interrelations entre les musiques qui réjouiront les connaisseurs et ouvriront aux profanes des portes sur des mondes fascinants, d’eux ignorés.
Un superbe roman qui a enthousiasmé toutes celles et ceux à qui je l’ai recommandé (140% de succès puisque certains lecteurs sont revenus l’acheter pour l’offrir), un livre tout public qui constitue un gros coup de cœur de ces quinze dernières années…