de Emmanuel CARRERE, aux éditions POL, 19.50€

« Ce n’est pas avec des bons sentiments qu’on fait de la bonne littérature » c’est ce que pense André Gide et que contredit cet ouvrage.
Avec toute sa science de la construction et du rythme, avec toute sa conscience éclairée qui n’atteint pas cette fois le cynisme, avec tout son talent pour l’écriture, E. Carrère a bâti ce récit d’une humanité poignante.
Il y est question de vies et de morts, de combats et de souffrances, d’amour et de respect de l’autre à propos de deux événements dont il a été le spectateur plus que l’un des protagonistes.
Il se trouvait au Sri Lanka ce Noël 2004 au moment du tsunami, miraculeusement indemne lui et les siens, témoin de ce cataclysme. Témoin, il l’est aussi de la mort de sa belle-soeur Juliette, emportée par un cancer.
Alors, il enquête, rencontre les proches et notamment ce juge, collègue de Juliette, engagé comme elle dans la protection contre le surendettement.
Car l’écrivain se sent investit d’une mission, celle de nous réconcilier avec ce qui peut nous arriver de plus terrible:apprendre que l’on est condamné, perdre son compagnon ou son enfant. Tout au moins se faire le scribe le plus fidèle possible et, ainsi, apposer des mots sur l’innommable.

Paru en mars 2009. Roman. 14×21 Cm. Broché. 309 pages.