de Tito Topin, aux éditions Rivagesnoir, 8.50€

Les rats sont entrés dans Paris ; la grève des éboueurs dure depuis plusieurs mois. Kubitschek vit dans un bel appartement. Ses enfants participent à des manifs. Il recueille Olga, une jeune femme sans boulot, sans domicile. L’emmène à son cercle de jeu assez huppé en la présentant comme sa femme. Commence à jouer. Joue la date de naissance de la jeune femme. Le 22. Gagne mais le club se fait braquer. Les malfrats emportent tout l’argent et les bijoux des membres. Même le faux collier d’Olga. Kubitschek résiste, ne donne pas sa montre. Le braqueur trépigne, menace, lui fiche le canon de l’arme sur la tempe. « Fais pas l’con ! » gueule celui qui semble être le chef de bande. Kubitschek reconnaît cette voix ; c’est celle de Georges, l’aîné des deux frères Canetti. Le braqueur frappe Kubitschek, le jette à terre, lui flanque des coups de pied. Les malfrats s’en vont.

Kubitschek est suspecté d’être à l’origine du coup par le commissaire Boniface. « Ils ont piqué les montres de tout le monde sauf la tienne ». Kubitschek propose au commissaire un accord : « Je sais qui a fait le coup. Je veux être libre de mes mouvements et je veux m’occuper moi-même de cet enfoiré. Je le bute et ensuite vous m’arrêtez. Deux coups gagnants. En échange vous me dites où je peux trouver ce braqueur.»

Commence alors une formidable partie de poker menteur entre Kubitschek et Boniface, car Boniface a des rapports avec les malfrats.

Tu sais quoi, Kubitschek ? T’as beau porter le smoking pour faire croire que t’appartiens au beau monde, t’es qu’un rat, chez les rats (…) Tu veux faire la guerre à un autre rat et vous allez vous battre à mort partout, dans les égouts, dans les ordures, dans le moindre trou de cette putain de ville qu’est devenue une immense décharge, vous allez vous entre-tuer et il n’y aura aucun survivant, ni dans le camp des perdants, ni dans le camp des gagnants.

Roman noir de chez noir, à l’écriture rapide et nerveuse, aux dialogues acérés. Un grand polar qui se déguste cul sec.

278 pages.