de Joe R. Lansdale et Traduit de l’anglias (USA) par Bernard Blanc, aux éditions Le Rocher, 20.90€

Les années trente. La grande dépression. Une petite ville du Texas perdue au milieu de nulle part qui survit grâce à la scierie de Camp Rapture. Un temps où les femmes sont faites pour rester à la maison, élever les enfants et subir les assauts de leurs maris. Un temps où les blancs se délectent à l’idée de se « faire un nègre ». Un temps de grande misère où une patate et une pincée de sel donnent un peu de consistance à une soupe. En la contemplant un gros noir en salopette dira en rigolant : J’avais rien à ajouter à la bouffe, à part mes meilleurs vœux.
Cette après-midi là Pete Jones, le shérif local, rentre ivre à la maison. Et une fois de plus – en fait une fois de trop – il frappe sa femme Sunset, lui arrache ses fringues, tente de la violer. Sunset s’empare du .38 de Pete et lui colle une balle dans la tempe.
Sa belle-mère Marylin balance à Sunset une gifle de haute volée avant de la prendre dans ses bras : J’ai perdu un fils. Je ne vais pas perdre une fille en prime. Sunset, grâce à l’appui de sa belle-mère, actionnaire majoritaire de la scierie, est nommée shérif. Elle est flanquée de Clyde Fox, un rustre costaud qui était déjà l’assistant de Pete Jones et d’un nouveau venu, Hillbilly, beau gosse et sûr de l’être, toujours impeccable même après avoir passé la nuit à la belle étoile. Pour Clyde et Hillbilly mieux vaut ce boulot là, même mal payé, plutôt que de travailler à la scierie.
Et voici Sunset et ses deux acolytes plongés dans une enquête difficile : deux cadavres, ceux d’une mère et de son bébé ont été retrouvés sur la terre du seul propriétaire noir de la région.
Un excellent polar/western dans les moiteurs des années les plus sombres de l’Amérique profonde par l’auteur, entre autres de Juillet de sang de L’arbre à bouteilles et des Marécages .

Polar. 390 pages.