de Jennifer Brown, traduit de l’américain par Céline Alexandre, aux éditions Albin Michel, collection Wiz, 15,20€

Valérie est blottie contre son oreiller en regardant les chevaux imprimés sur le papier peint. Elle aimerait chevaucher l’un d’eux et disparaître au loin, sans âme qui vive sinon un infini de possibles se déroulant jusqu’à l’éternité. Mais ce n’est qu’un banal motif de papier peint qui ne l’emporte nulle part. Valérie n’a plus d’illusion. Sa vie n’est q’un immense rêve creux et vide d’espoir.
Quelques mois plus tôt, son petit ami Nick qu’elle aimait tant, a ouvert le feu dans le foyer du lycée tuant ou blessant un à un tous les élèves de la liste de la haine. Cette liste, c’est Valérie qui en a eu l’idée ; y noter ceux qui se montraient méprisants dans l’établissement était une façon de se défouler, mais jamais elle n’a voulu que quelqu’un meure.
Dans quelques minutes, Valérie doit se lever, quitter le refuge de son lit, se rendre au lycée pour la première fois depuis de drame. A cet instant pétri de doutes et de peurs commence le roman.
Est-ce qu’un jour on lui pardonnera ?
Est-ce que Valérie se pardonnera elle-même ?

Ce roman écrit à la première personne, est une introspection sensible et dure de la lente reconstruction de l’adolescente qui doit appréhender la réalité – forcément différente – de ses camarades et faire le deuil. D’irrépressibles sanglots m’ont saisi durant la lecture tant l’immersion dans l’intimité de ses émotions est forte et juste. Ceci n’est pas une mise en garde, mais le rappel que pleurer est une émotion de lecture comme les autres. Ce roman n’en manque pas.

Nonoko

A partir de 16 ans, 392 pages, 15X22 cm