de Alain Wagneur, aux éditions Babel noir, 10.50€

Après Terminus plage (Babel noir. 330 p. 9 €) dont je vous ai vanté les mérites, voici le nouveau polar d’Alain Wagneur, cette fois encore très enlevé, qui se passe lui aussi dans une station balnéaire de la côte atlantique française, Blainville-sur-Mer.
Un beau, mais frais, matin de février un joggeur aperçoit une voiture, tombée d’une falaise de 30 mètres, que découvre la marée descendante. À l’intérieur un seul corps, celui d’Évelyne Pradier, propriétaire d’une agence immobilière de grand standing. On apprend qu’elle est l’ex-femme de Delaubier l’adjoint au maire de Blainville en charge de l’aménagement et de l’urbanisme, et qu’elle vivait avec une de ses collaboratrices Ghislaine Gauthier. Celle-ci va créer un joli scandale en distribuant lors de l’enterrement d’Évelyne Pradier des photos d’elles deux, nues, s’embrassant à pleine bouche.
C’est le commissaire Serge Berger qui mène l’enquête. Un solitaire, aux fréquentations louches et aux mœurs dangereuses. Jugez-en : il invite des filles dans une maison isolée pour prendre des photos. Et pour rendre ces modèles moins dociles, moins indifférentes, et donc faire des photos plus intéressantes, il commence par les enchaîner et les laisser mariner dans le noir… Berger laisse ainsi Ankyala Pyatova enchaînée avec l’intention de revenir quelques heures plus tard. Mais voilà qu’à un feu rouge il prend une balle en plein cerveau…
Tout cela fait beaucoup – et encore je ne vous ai pas dit que Ghislaine allait être enlevée…- pour une station balnéaire au slogan attirant : Blainville, vacances tranquilles !
Ajoutez des bagarres au sein du conseil municipal à l’approche des municipales de 2008, des magouilles immobilières, l’arrivée du remplaçant de Berger, le commandant Richard Zamanski qui la joue en solo au grand dam du SRPJ, la découverte que le décès d’Évelyne Pradier n’est pas accidentel, etc… et vous avez un polar inédit – présenté en format de poche – fort bien ficelé, à l’écriture souple et vive, avec de nombreux rebondissements, qui se lit cul sec.

 

Polar. 420 pages.