de E.T. Doctorow. Traduit de l’américain par Christine Le Boeuf, aux éditions Actes Sud, 22€

Homer est aveugle, mais la musique et les femmes illuminent ses jours. Son frère Langley a ramené de la guerre de 14 des bronches brûlées à l’ypérite, un caractère changeant et une manie de l’accumulation qui transforme au fil des ans leur élégante maison de Central Park en véritable capharnaüm. La vie excentrique de ces deux-là aspire toutes les marges des États-Unis : mafieux blessés, immigrés japonais, adeptes du flower power.

On peut lire ce livre comme une parabole de la société américaine (ou disons : occidentale) qui croit que posséder c’est exister et finit par étouffer sous ses biens de consommation. On peut, tout simplement, s’abandonner à l’humour désespéré de Doctorow qui nous entraîne dans l’inéluctable naufrage d’Homer et Langley sur un tempo de blues déraisonnable.