L’Appel des 451 regroupe plusieurs acteurs de la chaine du livre, décidé à réfléchir et agir, autour des métiers du livre, avec le constat d’une «dégradation accélérée des manières de lire, produire, partager et vendre des livres».

L’Appel des 451 pointe les errances du secteur. «L’industrie du livre vit en grande partie grâce à la précarité qu’acceptent nombre de ses travailleurs, par nécessité, passion ou engagement politique. Pendant que ceux-ci s’efforcent de diffuser des idées ou des images susceptibles de décaler nos points de vue sur le monde, d’autres ont bien compris que le livre est surtout une marchandise avec laquelle il est possible d’engranger des profits conséquents.»

Ainsi, de nombreux acteurs du livre, quel que soit leur poste, se retrouvent aujourd’hui pris dans une chaîne de rentabilité, qui n’aurait besoin que « de consommateurs impulsifs, de réseauteurs d’opinion et autres intérimaires malléables ». Et sous cette pression, la pensée est éradiquée doucement, de même que l’émancipation sociale. Avec le succès pour seule ligne d’horizon, différents secteurs éditoriaux pâtissent, par manque d’une production nouvelle, et les librairies, comme les bibliothèques, s’assèchent. Seul « ce qui marche » restera, et sera donné à lire, au détriment de tout ce qui peut faire la bibliodiversité (1).

Pourtant, ce n’est pas l’envie de « résister » qui leur manque, mais confrontés au « tout-informatique » et à cette « pseudo démocratisation de la culture », qui évidemment se fait par un nivellement visant à « l’appauvrissement et l’uniformisation des idées », la crise survient.

L’Appel des 451 vise à s’unir et trouver des solutions. «Avant tout, nous voulons cesser de nous rejeter éternellement la faute les uns sur les autres et couper court à la résignation et au défaitisme ambiants. Nous lançons donc un appel à toutes celles et ceux qui se sentent concernées à se rencontrer, en vue d’échanger sur nos difficultés et nos besoins, nos envies et nos projets. » Pour cela, un blog a été créé, Les 451.

(1) On comprend mieux l’appellation Les 451, en référence à l’univers du roman de Ray Bradbury.