de Jon Mooallem, traduit par Hervé Juste et Marc-André Sabourin,
Ed. du sous sol, 112 pages, 12 €

hippo-amerique-2Il fut un temps où, appuyés par l’ancien président Theodore Roosevelt, deux ennemis rescapés de la seconde guerre des Boers rêvaient de faire de la viande d’hippopotame le mets favori des Américains. Dans une vertigineuse épopée, Jon Mooallem relate l’histoire de ces hommes pétris d’ambition, à la croisée du western, du roman d’aventures, du récit de guerre et de la fresque d’espionnage, ces personnages incarnent le visage paradoxal d’une Amérique alors tiraillée par le doute. Les États-Unis manquaient de viande ; l’Afrique regorgeait d’hippopotames.

« Qu’importe la nature de la relation singulière qui unissait ces deux hommes, ils y furent fidèles. Tels des aimants, quelque chose en leur cœur repoussait constamment l’autre. Et pourtant, étrangement, leurs chemins convergèrent à répétition au cours de leur longue vie, avec en arrière-plan plusieurs phases tourmentées de l’histoire américaine. L’un de ces hommes était un patriote, reconnu pour son humilité et son intégrité sans faille. Il laissa des comptes rendus détaillés de ce qu’il fit, pensa et ressentit. L’autre, ai-je découvert, était un mégalomane et un mythomane. Ces deux hommes vous sembleront plus grands que nature, mais ils vécurent à une époque où la vie en Amérique était plus grande que nature – cette période où l’inimaginable semblait encore réalisable et où le ridicule pouvait encore devenir réalité. Cela étant dit, cette histoire porte sur une idée qui semblait ridicule et qui ne s’est pas réalisée. Cette idée était ridicule. Mais elle était aussi totalement raisonnable. »