de Frédéric Chouraki, aux éditions Le dilettante, 16€

L’auteur, Frédéric Chouraki, que nous avons reçu au Scribe pour Jacob Stein ou De l’inconvénient d’être juif quand on est blond aux yeux verts (le dilettante, 2002), est, entre autres, féru de mystique juive.

Fred Bronstein est nègre pour des romans pédés à l’eau de rose. Depuis sept mois il sort avec Popeline, une rousse démoniaque. Si son faîte est un oriflamme, le reste de son corps tient davantage du gisant. Sa folle séduction naît assurément de ce contraste. Elle a accepté de l’accompagner chez ses parents pour célébrer le Yom Kippour, « jour du Grand Pardon », où les juifs du monde entier jeûnent une pleine journée pour expier leurs péchés de l’année. Au menu : interdiction de tout (travailler, écrire, baiser, médire, allumer la télé) hormis l’auto-flagellation mentale et penser à Dieu autant que possible. Popeline, qui a été élevée dans une bourgade des Landes, à l’ombre de pins géants et virils, a accepté, non pas par amour pour Fred, ni pour Yahvé, mais pour perdre des fesses. Elle a souvent rêvé de ce Yalta avec la mère de Fred. « J’espère de tout mon cœur qu’elle va me détester. »

Elle arrive chez les parents de Fred avec la chevelure relevée en choucroute, un chemisier en soie outrageusement décolleté, un pantalon en Skaï moulant comme une second peau, d’hétérodoxes cuissardes de Hells Angel et les doigts couverts de bagues fantaisie bon marché. En l’amenant ainsi chez ses parents, Fred a bien l’intention de régler son compte par rousse interposée avec une ascendance étouffante.

C’est très drôle, les dialogues effilés et corrosifs crépitent, les bons mots valsent à mille temps, l’esprit, surtout le mauvais, souffle en rafales, les traditions sont secouées vertement, les personnages férocement croqués, et la sexualité – merci Popeline – débridée.

Burlesque, loufoque, hilarant. Irrésistible.

190 pages.