de Lucia Puenzo et Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet, aux éditions Stock, collection La Cosmopolite, 20€

Dans nos mégalopoles, à Buenos-Aires comme ailleurs, rien de moins improbable que la rencontre de deux paumés.
Elle, c’est Twiggy : plus de deux mètres et la maigreur du top-modèle dont elle porte le nom. Elle essaye d’échapper à ses parents, à ses psys, à ses médicaments, à elle-même. Avec l’énergie du désespoir. « C’est une de ces filles qui n’arrêtent pas de sourire même quand elles sont au bord du suicide », pense Pepino.
Lui, Pepino, son surnom (concombre) lui colle à la peau depuis qu’il a été un des figurants d’une série populaire « Señora Maestra ». De fait, il n’a jamais grandi, ni dans son corps, ni surtout dans sa tête. Quand on a été le modèle d’une génération d’enfants, c’est dur de s’accommoder de la réalité d’un pays en crise. D’autant plus si personne ne se souvient de vous, ni le public, ni vos anciens camarades.
Pour Twiggy, Pepino déroule le fil de ces semaines où il a été la marionnette de sa mère, prête a tout pour lui obtenir un succès qui la flatterait, et de Santa Cruz, le scénariste qui lui propose un étrange marché…
La mort de Jacinta, l’institutrice de la série, rapproche pour un dernier baroud quelques-uns des acteurs, tous des ratés aux rêves trop grands -et si ce roman nous touche autant, c’est sans doute qu’il nous renvoie à la part d’enfance que nous n’arrivons pas à trahir tout à fait.
« Si tout le monde a des enfants géniaux, s’interroge Pepino, comment se fait-il qu’il y ait autant d’adultes médiocres ? »Et il apporte la réponse la page suivante : « Grandir, c’est cesser d’être une promesse ».
La décision qu’il prend à la fin du livre dément cette phrase,et donne à Pepino sa véritable dimension.

Paru en février 2011. Roman. 14×20 Cm. 320 pages