de Nakajima Atsushi et Traduit du japonais par Véronique Perrin, aux éditions Anacharsis, 16€

La Mort de Tusitala est à ranger sur l’étagère de nos éternels émerveillements de gosses, aux côtés de Stevenson sous les palmiers d’Alberto Manguel.
Sa fascination est triple. En premier lieu le récit des dernières années de Stevenson dans ces îles Samoa où il croit avoir enfin trouvé le climat salutaire pour ses poumons malades, et les étapes évoquées de ce destin exceptionnel et attachant. Deuxièmement, la recréation littéraire par Nakajima du journal de Stevenson qui est intercalée dans le récit. Cette voracité de couleurs, de sensations, d’effort et d’engagement auprès du peuple samoan -une sorte d’été indien flamboyant, l’acmé de cette existence torturée. Troisièmement, et qui lie le tout, la formidable empathie de Nakajima pour Stevenson, rendue pour nous encore plus poignante par la proximité de leurs trajectoires : la même insuffisance pulmonaire, le même appétit de lectures, de voyages et d’écriture -et une mort encore plus précoce, à 33 ans.
Cette quasi gémellité, tellement stevensonienne, n’est pas le moins troublant des charmes de ce livre envoûtant.

Paru en janvier 2011. Roman. 13×20 Cm. 169 pages.