de Franz Bartelt, aux éditions Gallimard, 17.50€

J’ai de bonnes nouvelles pour vous ! Celles de Franz Bartelt. Celles et ceux d’entre-vous qui ont lu Le Bar des habitudes vont se précipiter sur ce nouveau recueil ; ils savent, en effet, que Franz Bartelt, auteur prolifique excelle dans le texte court.

Neuf nouvelles pleines de verve. Truculent, sarcastique, Franz Bartelt qui a une imagination exubérante mais toujours contrôlée nous entraîne dans des univers étonnants où l’humour, la fantaisie, l’émotion, l’empathie pour ses personnages, alliés à un style remarquable d’inventivité forment un savoureux cocktail.

– Lors de la messe d’enterrement d’Edgar Boadec on joue la musique que le défunt aimait entendre : « La Samba des otaries » – un peu gai pour l’occasion, de l’avis général – puis « Le Quadrille des déménageurs trapus », un morceau sans mélancolie et qui frappait comme une chute dans les escaliers. Le maire, avec l’aide de sa femme institutrice, a concocté un beau discours où l’éternité est comparée à une morne plaine et où le verbe « gésir », d’un emploi si délicat qu’en cas de malheur il est réservé à l’élite du corps enseignant, est largement mis à contribution.

– Sylvie Nourdier ressemblait à n’importe quelle jeune fille de son âge, sauf qu’elle avait l’air vicieux. Elle attirait le désir des hommes. Alors qu’elle est parfaitement chaste.

– Vincent Harlot, romancier, ne parle que de ce qu’il connaît. Après avoir écrit sur son enfance, puis sur la ville où ses parents s’installèrent après avoir quitté la campagne, enfin sur son mariage (trois volumes d’une prose conjugale qui émerveilla les chaumières et les immeubles collectifs) il lui vint l’envie d’écrire un roman érotique, mais sans vulgarité, quelque chose d’assez poétique, d’un peu Renaissance, avec du style et des idées. Et un soir, au repas, il annonça à sa femme ses intentions claires, fermes. « Alice, pour le bien de mon écriture, il faut que tu prennes un amant »

Inutile que je continue. Lisez Franz Bartelt !

230 pages.