secondeguerremondiale.de Antony Beevor. Traduit de l’anglais par Raymond Clarinard, aux éditions Calmann-Lévy, 28,50€

Un gros pavé. 1000 pages ! Non ne fuyez pas. Un pavé saignant qui se dévore ; l’appétit vient en lisant.
Passionnant ! C’est un polar, un thriller extraordinaire. La seconde guerre mondiale mais racontée par un auteur qui a un fabuleux talent de conteur.
L’auteur :
Antony Beevor a été officier de carrière dans l’armée britannique. Depuis vingt ans il se passionne pour la Seconde Guerre mondiale dont il est devenu l’expert incontesté. Il a déjà publié Stalingrad (1999), La Chute de Berlin (2004) D day et la Bataille de Normandie (2009) un livre que les libraires de la femme renard ont beaucoup vendu lorsqu’elles étaient libraires à Caen.
Le livre :
Fresque impressionnante dans lequel le destin individuel des civils et des militaires est toujours présent.
Basé sur des documents anciens et d’archives inédites, cette Histoire nous entraîne de l’Atlantique Nord au Pacifique Sud, de la Sibérie en Lybie, à Leningrad, à Berlin sous les bombes. Des histoires mal connues comme celles des prisonniers du goulag enrôlés de force dans des bataillons-suicides, des exactions commises par l’armée impériale japonaise en Chine.
La Seconde Guerre mondiale, avec ses ramifications planétaires, fut le plus grand désastre d’origine humaine de l’histoire. Les chiffres des morts – qu’il y en ait eu 60 ou 70 millions – se situent bien au-delà de notre compréhension. Sans compter tous ceux qui ont été mutilés tant physiquement que psychologiquement. En Union Soviétique les « samovars » amputés étaient proscrits des rues. C’était le sort, avec sa perte implicite de virilité, que chaque soldat de l’Armée rouge avait craint plus que la mort.La Seconde Guerre mondiale, au-delà des statistiques de tragédie nationale et ethnique, a bouleversé la vie de chacun de façon imprévisible.
Et c’est un des grands mérites de ce livre de nous le rappeler.

Extrait (derniers paragraphes du livre ):
Un court paragraphe, dans un rapport de juin 1945 de la DST française, expliquait que la femme d’un agriculteur allemand avait étéretrouvée à Paris après s’$etre glissée à bord d’un train ramenant des déportés français librérés des camps en Allemagne. Il s’avéra qu’elle avait entretenu une liaison avec un prisonnier de guerre françaisaffecté dans son exploitation agricole en Allemagne, tandis que son mari était sur le front de l’Est. Elle était si amoureuse de cet ennemi de son pays qu’elle l’avait suivi à Paris où elle avait été arrêtée par la police. C’est tout ce que nous dit le rapport.
Ces quelques lignes soulèvent tant de questions. Son difficile périple aurait-il été vain, même si elle n’avait pas été interpellée par la police ? Son amant lui avait-il donné une mauvaise adresse parce qu’il était déjà marié ? Et, était-il rentré chez lui, comme beaucoup, pour s’apercevoir que sa femme avait eu un enfant en son absence avec un soldat allemand ? Tout cela est, bien sûr, une tragédie mineure comparée à tout ce qui s’est passé plus à l’est. Mais ce n’en est pas moins un rappel poignant que les conséquences de décisions prises par des dirigeants comme Hitler et Staline déchirèrent toutes les certitudesque l’on pouvait avoir quant à la trame traditionnelle de l’existence.