tentation-heureux-02de Lorenzo Marone, traduit par Renaud Temperini,
Ed Belfond, 336 pages, 20€

Cesare Annuziata est un vieillard râleur et colérique. Râleur, il l’a toujours été et ce n’est pas maintenant qu’il va changer ! Ce n’est pas parce qu’il est veuf : sa femme, il ne l’a jamais aimé ou si peu de temps. Son travail non plus d’ailleurs, il ne l’aimait pas : être comptable, ce n’était pas une vocation. Il vit seul dans un immeuble. Il voit peu ses enfants : sa fille avocate a le même caractère que lui ; son fils est doux et très attentionné mais Cesare ne cesse de le remballer. Il sait qu’il est gay, même s’ils n’en ont jamais parlé. Vous vous rendez compte !
Alors qu’est ce qui lui prend tout d’un coup à ce vieil égoïste de dire pour la première fois de sa vie à ses enfants qu’ils les aiment et, surtout, de vouloir sauver sa jeune voisine qui se fait tabasser à mort par son mari ?
Le roman, qui se situe à Naples, est truffé de scènes pittoresques, cocasses ou attendrissantes. Ajoutons que Lorenzo Marone a le sens de la formule percutante et vous comprendrez qu’on passe grâce à lui de bons moments. Mais, il nous amène aussi à réfléchir sur le sens de nos vies, sur les liens familiaux, sur la vieillesse.
Bref, un livre plus profond, complexe et puissant qu’il n’y paraît au premier abord.