VieCommence60ansde Bernard Ollivier, aux éditions Phébus, 8.70€

Il y a des gens qui vous épuisent qui vous pompent votre énergie, il en est d’autres qui vous insuffle de l’énergie. Bernard Ollivier est de ceux-là.

La vie commence à 60 ans. Bernard Ollivier ne ment pas en ce qui le concerne.

Jugez-en.

Quelques jours après avoir pris sa retraite, à 60 ans, Bernard Ollivier part à pied de Paris à St Jacques de Compostelle en passant par Le Puy. 2 325 km. Sans aucune préparation physique préalable. La longue solitude de la première partie de cette marche de Paris au Puy lui apprend beaucoup sur lui-même. Il prend conscience qu’il a beaucoup reçu et se demande comment rendre un peu de ce qui lui a été accordé. Arrivé à St Jacques de Compostelle il décide de consacrer sa retraite à aider des jeunes délinquants en les faisant marcher et aussi de repartir pour une longue marche. Il pense aller marcher aux Etats-Unis, de la côte Est à la côte Ouest, mais cela ne ferait que 6 000 km… Il pense alors à la route de la soie d’Istanbul à Xi’an en Chine : 12 000 km qu’il parcourra en quatre tronçons. Il trouve un éditeur – Phébus -qui publiera son journal de voyage. Trois tomes qu’il écrira après chaque tronçon parcouru. Dans le même temps il lance son association Seuil : il est proposé à des jeunes délinquants de partir marcher trois mois dans un pays dont ils ne parlent pas la langue avec un accompagnant adulte. Pas de musique. Juste 14 euros par jour. Les jeunes délinquants adhérent au projet car ils ont un sens très développé du défi, sinon ils ne seraient pas délinquants.

Il repart marcher. Le long de la Loire. 1000 km à pied et en canoé. Canoé il n’en avait jamais fait…

Lors d’une étape en canoé au bord de la Loire, lui, veuf depuis de longues années d’une femme qu’il avait beaucoup aimée, il rencontre une femme de 28 ans plus jeune que lui. Depuis ils ne se quittent plus. Ses marches suivantes, comme celle du chemin des Ducs, de Rouen au Mont Saint Michel, il la fera avec elle.

A 70 ans il fait l’ascension du Mont Blanc ; froid, asphyxié par manque d’oxygène, les jambes lourdes. La descente fut infernale.

A 75 ans il écrit son premier roman : Histoire de Rosa qui tint le monde dans sa main, publié lui aussi chez Phébus.

Lisez, offrez La vie commence à 60 ans. Un livre qui donne la pêche dans lequel vous piocherez des tas de conseils utiles sur la bonne façon de négocier son virage « retraite ». Bien sûr Bernard Ollivier y vante les vertus de la marche : meilleur remède contre les dégénérescences mais aussi contre les maladies cardio-vasculaires. Et puis il vous donnera envie de lire les trois tomes de sa Longue Marche, dans lesquels il raconte tout. Oui tout ce qu’il voit, bien sûr, mais aussi tout ce qu’il ressent, ce qui est, tout de même, assez gonflé.