de Milan Dargent, aux éditions Le dilettante, 15€

Vous avez un créneau de 10 minutes. Trop court pour vous lancer dans un nouveau bouquin ou replonger dans le roman que vous êtes en train de dévorer. Voilà un recueil de textes courts à déguster calmement à tout moment, en tous lieux, dans toutes les positions, à jeun ou repu, et quelle que soit votre humeur.
Une supposition. Vous entrez dans une librairie, votre œil est accroché par une couverture composée de carrés de couleurs variées où se trouve un animal curieux, vous lisez le titre Le club des caméléons, le nom de l’auteur Milan Dargent (un nom en forme de récompense ?) Tout cela ne manque pas de vous « interpeller quelque part au niveau du vécu » comme on dit dans le Poste. Vous feuilletez ce bouquin étrange à la couverture avec rabat – joie ! – vous pensiez que le rabat ça ne se faisait plus depuis longtemps, beaucoup trop cher ce truc là. Vous constatez que chaque chapitre a pour titre un prénom. Vous en lisez la première phrase. Théodore : Mon copain Théodore était noir, mais je ne le savais pas. Jean-Paul : Belmondo saute par la fenêtre. Eddy : Ma passion pour Eddy Merckx dura le temps d’un tour de France, ni plus ni moins. Philippe : Un drôle de garçon, Philippe, toujours à se tripoter l’entrejambe. Napoléon : De ma période napoléonienne – assez brève, je dois le dire – il ne me reste que la victoire de Waterloo. André : Rien ne nous rapprochait, a priori. Marion (enfin un prénom féminin !) : Je n’ai eu qu’une seule amie. Pas deux, une (bon, d’accord ça fait deux phrases, mais si courtes…) Vous revenez en arrière et là vous tombez sur une question existentielle primordiale : Un poisson peut-il se noyer ? (première phrase du chapitre intitulé Bill).
Vous vous dites que c’est trop… trop. Vous craquez et sans même savoir si le libraire l’a lu ou non vous en prenez trois, dont deux en « paquet-cadeau s’il vous plaît ».
À supposer que cette scène se passe au Scribe et que vous me demandiez si je l’ai lu je vous dirai juste que c’est très rock’n’roll – ça c’est pour tenter de « faire jeune » – que toutes les scènes se déroulent dans les années 70, que l’on croise Lou Reed, Belmondo, Tintin, Elvis Presley, entre autres et que je suis persuadé que même si on n’a pas vécu, en direct, ces années 70, on peut apprécier ce bouquin à la nostalgie caustique, à l’humour vivifiant et roboratif. Un régal !
Du coup vous en prenez un autre…