DessinSablede Akiyuki Nosaka, traduit du japonais par Jacques Lalloz, aux éditions Picquier Poche, 6€

Akiyuki Nosaka est un auteur populaire au Japon et en occident.
Ici on le connait parce qu’il est l’auteur de La Tombe des Lucioles, un roman en grande partie autobiographique, qui inspire le film que tout le monde connait Le tombeau des Lucioles, l’œuvre bouleversante et fondatrice du studio Ghibli

Au Japon, il est connu depuis le grand succès de son premier roman en 1966, Les Pornographes salué tant par le public que la critique.

Akiyuki Nosaka est un auteur tendrement foutraque et volontiers provocateur, dont Le dessin au sable pourrait à lui seul, résumer son univers déjanté et son style atypique.

Dans ce roman, l’auteur remonte à l’ère Edo, soit au Japon du début du 19e siècle. Pas celui des samouraïs, abondamment exploité, mais celui des petites gens, mendiants, boutiquiers, prostituées, chiffonniers, qui vivotaient aux abords des grandes villes en plein développement. Il raconte l’histoire d’une jeune fille qui recherche son père dans les bas-fonds de Nagasaki, munie d’un indice : un dessin magique représentant… le sexe de sa mère, une courtisane morte dans le dénuement. Impossible d’en dire plus sans dévoiler les rebondissements du roman.

Le dessin au sable est un concentré des thèmes de prédilection de Nosaka : fantasmes très inavouables, corruption des mœurs, sexe et mort, avec une verve et une poésie qui transcendent le scabreux pour lui donner une portée universelle. Attention ; il y a quelques scènes extrêmement violentes et sordides qui confinent au grotesque, d’une imagination, d’un l’humour et d’un style qui n’en finissent pas de fasciner ou de dérouter.

Nonoko