de Jean Teulé, aux éditions Julliard, 20€

Coup de foudre entre ce Gascon de vingt-deux ans et une voluptueuse merveille de son âge qui vient de perdre son futur mari tué en duel. Comme il serait dommage que sa robe de mariée s’abîme, ils s’épousent ce 28 janvier 1663 date prévue du mariage de la belle. Elle c’est Françoise de Rochechouart de Mortemart, lui c’est Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan. Amour dévastateur ; ils ne cessent de s’enlacer – sans s’en lasser – partout : sur leur matelas mais aussi dans les escaliers, dans leur carrosse,…
Pour surmonter son manque d’argent Montespan s’engage dans des entreprises guerrières, espérant se faire ainsi remarquer par le Roi-Soleil. Sans succès. Sa femme, repérée par le monarque pour sa grande beauté, devient sa maîtresse. Louis-Henri, au lieu de se féliciter de sa bonne fortune perd son visage d’homme heureux en ménage. Il a maintenant une figure de chat écorché, des yeux rouges. La jalousie le rend fou. Il crie toutes les insolences imaginables contre sa Majesté. Tous l’exhortent à la modération : L’honnête homme trompé par le Roi s’éloigne et ne dit mot (…) Transformez en cornes d’abondance les cornes de la honte. Pas Montespan. D’ailleurs question de cornes il orne son carrosse de cornes gigantesques. Il refuse les honneurs et les prébendes alors qu’il traîne une meute de créanciers à ses chausses.
Jean Teulé, auteur, entre autres de Ô Verlaine et de Je, François Villon où il se montrait remarquable portraitiste et amoureux du langage, rend ici hommage à un homme éperdu d’amour pour sa femme qui n’hésita pas à affronter le pouvoir absolu.
Et cela est raconté avec une verve constante qui se nourrit des mœurs très libres de l’époque ainsi que d’expressions et de mots croustillants. C’est cocasse, piquant, truculent.
Un livre couillu !