Le-roman-du-mariagede Jeffrey Eugenides (Traduit de l’anglais – Etats-Unis – par Olivier Deparis), aux éditions L’Olivier, 24€

L’auteur est né à Detroit en 1960. Virgin Suicides (1995) a connu un grand succès et a été adapté au cinéma par Sofia Coppola, Middlesex (2003), mon grand coup de cœur, disponible en format de poche chez (Points Seuil) a obtenu le prix Pulitzer. Dix ans après Middlesex voici le nouveau roman très attendu de Jeffrey Eugenides.
Histoire assez classique. Un triangle amoureux : une fille, deux garçons qui se rencontrent à l’université de Brown (Rhode Island, États-Unis) au début des années 80. Madeleine aime Leonard, Mitchell aime Madeleine.
Le roman commence le jour de la remise des diplômes, au moment où les trois personnages quittent l’université, l’adolescence, la famille pour entrer dans l’âge adulte. Il s’achèvera environ une année plus tard.
Madeleine, 22 ans, fille de parents aisés, a suivi un cours sur la littérature réaliste du XIXe siècle – Jane Austeen, Eliot, James – tombée en désuétude, alors que la plupart des étudiants s’entichaient de Derrida, Barthes, de la déconstruction des textes.  Leonard, un peu rustaud et macho, un rien instable, est doctorant en biologie et très porté sur la philosophie. Mitchell, au physique ingrat, étudie lui la théologie et est fou de Madeleine qui lui préfère Leonard.
Ce qui rend ce roman passionnant c’est l’épaisseur que l’auteur donne aux personnages ; tous les trois ont une personnalité complexe et attachante. Et l’auteur sait captiver son lecteur avec une intrigue, encore une fois classique, mais aux multiples péripéties. Selon le professeur Saunders, celui dont Madeleine suit le cours : À l’époque où la réussite sociale reposait sur le mariage et où le mariage reposait sur l’argent, les romanciers tenaient un vrai sujet d’écriture. Les grandes épopées étaient consacrées à la guerre, les romans au mariage. L’égalité des sexes, une bonne chose pour les femmes, s’était révélée désastreuse pour le roman. Et le divorce lui avait donné son coup de grâce.
Eugenides prouve le contraire en réussissant parfaitement son pari d’écrire un livre contemporain utilisant cette intrigue centrale et passionnante du roman anglais traditionnel : le mariage.