de Bruce Machart (traduit par Marc Ambreville), aux éditions Gallmeister (collection Nature Writing), 23,60€

Un premier roman qui nous parvient auréolé d’une critique américaine enthousiaste – Une épopée mythique et hypnotique (The New York Times) ; De la littérature pure (Los Angeles Times) – relayée par une presse française admirative – Ce n’est pas une découverte, c’est un choc. Un chef d’œuvre (Le Figaro Magazine), cela donne envie d’y aller voir, non ?
D’autant que cet ouvrage est publié par l’excellente maison d’édition Gallmeister qui, depuis sa création en 2006, se consacre à la littérature américaine, celle des grands espaces (collection Nature Writing) ainsi que celle qui explore les aspects plus sombres du Grand Dehors (collection Noire).
Si j’ajoute que la librairie montalbanaise la femme renard a eu l’excellente idée d’inviter l’auteur Bruce Machart, vous comprendrez que je me sois jeté sur ce livre que j’ai dévoré avec enthousiasme.

L’histoire, celle de la famille Skala, des émigrants tchèques installés au Texas, s’inscrit dans la lignée des romans ancrés dans les grands espaces américains où l’on dompte la nature pour se construire des empires. Vaclev Skala perd Klara, sa femme qu’il aimait tendrement, lorsqu’elle met au monde leur quatrième fils Karel. Il devient brutal, renfermé, terrible avec ses enfants qui vont labourer sous le joug qu’il leur impose. Ses fils le haïssent autant qu’ils le redoutent. Karel s’avère un excellent cavalier et remporte des courses qui permettront à son père de gagner toujours plus de terres. Jusqu’au jour où un étrange propriétaire espagnol lui propose un pari insolite déterminant pour l’avenir des quatre garçons : une course contre une jeune femme, mexicaine de surcroît…
Un livre d’hommes qui raconte des histoires d’hommes mais dans lequel les femmes sont puissantes ; elles ont des rôles brefs mais impressionnants. Ce sont elles qui obtiendront l’apaisement des tensions, qui permettront aux hommes de connaître la rédemption.
Un livre aussi sur l’absence de la mère : comment devenir adulte sans l’apport d’une mère ? Alors que dans le même temps il n’y a pas d’amour entre le père et le fils, pas même un retour d’affection.
Un livre sur l’oubli : Karel lorsqu’il reprend contact avec ses frères va se rendre compte qu’il est le seul à être préoccupé par le passé.
Les scènes de course de chevaux sont inoubliables. Le passage du temps sur cette terre du Texas, tout comme les sensations, les gestes, les sentiments –colère, jalousie, souffrance,… –  les sens – les cinq sens – le lien entre le lieu et les personnages, sont fort bien rendus grâce à une écriture à la fois puissante et sensuelle.
Un livre exceptionnel par son ampleur et sa densité à découvrir sans tarder.