de Sasa STANISIC et Traduit de l’allemand par Françoise Toraille, aux éditions Stock, collection La Cosmopolite, 21.50€

Bienvenue au pays des fêtes champêtres et de l’accordéon, bienvenue au pays de la grande cueillette de prunes et de la colique qui s’en suivit, bienvenue au pays des promesses toutes simples : ne jamais arrêter de raconter, bienvenue au pays du magicien du possible et de l’impossible où tout est possible, même la plus fratricide des guerres, bienvenue au pays de la Drina, bienvenue en ex-Yougoslavie.
Par la voix d’un enfant, et par l’écriture flamboyante du jeune homme que cet enfant est devenu, quelque part dans son exil allemand, voici comment une enfance d’Europe Centrale bascule dans la perte : celle de grand-père Slavko qui meurt à l’instant même où Carl Lewis devient champion du monde, par laquelle s’ouvre le récit ; la perte d’Asija, la compagne de jeux dans la cave, durant les bombardements –mais a-t-elle jamais existé, celle dont le nom signifie pacificatrice ? La perte d’un monde qu’il est vain de chercher à retrouver : parce que ses blessures l’ont défiguré, et parce qu’en s’enfuyant on l’a trahi.
Il est rare de rencontrer une écriture aussi tonique (coup de chapeau à la traductrice), aussi exubérante, gorgée d’images, de trouvailles, d’humour jusqu’au bord du gouffre. Sasa Stanisic, né à Visegrad de mère bosniaque et de père serbe, entre en littérature avec un livre dont la lecture est une urgence salutaire.

Paru en août 2008. Roman. 14×22 Cm. Broché. 384 pages.