de Valeria Parrella et Traduit de l’italien par Dominique Vittoz, aux éditions Seuil, 16.5€

Le temps suspendu, c’est celui que passe Maria devant la vitre de la couveuse où est sa petite fille, grande prématurée. Suspendu comme l’existence de ce bébé dont on ne sait pas, selon la belle formule de l’auteur, si elle va naître à la vie ou naître à la mort.
Ce temps est celui où Maria dévide le fil de sa vie. Elle a 42 ans, le père de l’enfant brille par sa lâcheté, et ce qui l’a tenue hors de l’eau jusque là ce sont les adultes défavorisés à qui elle donne des cours du soir un camionneur, des ménagères qui sont à l’âge, comme dit Brel, « où l’on regrette d’avoir manqué l’école ».
Tout cela est terriblement humain, et que ça se passe à Naples, dans ce Sud italien déshérité et gangrené, ne compte pas pour rien dans la leçon de vie qu’insuffle ce beau livre si fort ancré dans le monde qui est le nôtre.

Paru en avril 2010. Roman. 14×21 Cm. Broché. 153 pages.