de Yoko Tawada et Traduit de l’allemand (Japon) par Bernard Banoun, aux éditions Verdier, collection Der Doppelgänger, 15€

Triple voyage auquel nous invite Yoko Tawada.
Celui du titre, qu’entreprend une japonaise de langue allemande (comme l’auteur) à Bordeaux chez le beau-frère d’une amie, prétexte pour affronter in situ cette langue française qui s’obstine à lui échapper.
Voyage dans la vie de Yuna, l’héroïne, en de multiples allers-retours qui jonglent en brefs chapitres entre le Japon de sa jeunesse, son (in)adaptation à l’Allemagne et la découverte de cette ville française au nom imprononçable.
Car le troisième voyage, sans doute le plus essentiel, est celui au pays des mots et des langues. Yoko Tawada questionne les expressions, les étymologies, les assonances des langues qu’elle affronte (pour nous, incultes en japonais, manquera toujours le sens des idéogrammes qui séparent les chapitres et qui sont, nous dit-elle, ses pense-bêtes). Elle parvient ainsi à une grande pertinence dans les détails psychologiques et sociologiques des personnes et de leurs actions –très souvent traités avec un espèce d’humour étonné qui ravit.
« A quoi bon lire si ce n’est pour soulever le monde ? » demandait Gérard Bobillier, le fondateur récemment disparu des éditions Verdier. En publiant des textes de l’intelligence de celui-ci, il nous fait croire que nous pouvons y arriver.

Paru en août 2009. Roman. 14X22 Cm. Broché. 124 pages.