de Robert Littell, aux éditions J’ai Lu, 7.60€

Qu’est ce qu’une légende ? C’est une personnalité fabriquée de toutes pièces par des spécialistes qui en peaufinent les moindres détails.
Martin Odum, ancien de la C.I.A., est détective privé. Il élève des abeilles sur le toit de son immeuble de Brooklyn. Mais il est également Lincoln Dittmann, spécialiste de la guerre de Sécession ainsi que Dante Pippen, expert en explosifs de l’IRA. L’une de mes légendes doit être mon identité réelle ; le tout est de savoir laquelle s’interroge Martin Odum tout en continuant son boulot.
Il est chargé, un jour, par Stella Kastner, fille d’un transfuge du KGB, de retrouver la trace d’un certain Samat Ougor-Jilov, neveu d’un oligarque russe, financier d’Eltsine, trafiquant à l’échelle mondiale.
Il faut, en effet, que Samat accorde le divorce à sa femme, juive orthodoxe, soeur de Stella, installée à Hébron, pour qu’elle puisse se remarier.
Retrouver un mari en fuite c’est un boulot courant de détective.
Mais cette fois-ci il semble bien que Martin ne soit pas le seul à chercher Samat ; des Tchétchènes et d’autres organisations sont à ses trousses.
Un roman qui, partant d’une simple recherche d’un homme disparu, nous entraîne dans les arcanes de la géopolitique mondiale et pose des questions du genre : la C.I.A. n’aurait-elle pas, via l’oligarque russe, incité Eltsine à accélérer le passage à l’économie de marché de façon à entraîner la désorganisation de la Russie ?
Un rythme étonnant, des rebondissements permanents, des personnages mémorables, une intrigue qui se déploie en multiples ramifications sans que l’on perde jamais le fil conducteur.
Fascinant.
Tout simplement le meilleur roman d’espionnage que j’ai lu depuis longtemps, très longtemps.