de Jean-Marc Parisis, aux éditions Stock, 13.5 €

Rarement on aura fait aussi émouvant avec si peu d’effets. A moins justement que ce ne soit cette retenue, cette pudeur, qui soit le ferment de l’émotion.
Ava vient de mourir. Pour le narrateur (appelons-le Jean-Marc Parisis, tellement il lui ressemble) elle a été « [s]a femme dans être [s]a femme, puis [s]a sœur sans être [s]a sœur ». Entendez qu’il y eut tout d’abord la rencontre sur les bancs de la fac, une passion incandescente, puis une longue amitié, aussi sûre que farouche. Deux aimants qui toute leur vie se sont attirés et repoussés. Car Ava (ce prénom est voué à entrer au panthéon des hautes figures féminines de la littérature, aux côtés de Nadja), Ava est avant tout une femme libre –et de la plus belle façon : libérée de tous les codes, toute à son présent, toute à elle-même au présent. Alors comment imaginer son absence ? Si sa disparition est impossible, son existence a-t-elle été rêvée ? « La vie est un rêve dont on se réveille mort ».
Reste le pouvoir des mots, pas bien grand mais réel. La force de l’écriture comme la vivait Ava : « Seule sur la plage, elle lançait des boules de neige à la mer et elle remontait le niveau des eaux ».

Paru en août 2009. Roman. 14X22 Cm. Broché. 108 pages.