les apparencesde Gillian Flynn. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Héloïse Esquié., aux éditions Sonatine, 22€

Amy, une séduisante femme au foyer, et son mari Charlie, forment, selon toute apparence, un couple idéal. Victimes de la crise financière, lui travaillait dans un journal papier qui a fermé because internet,  elle rédigeait des tests de personnalité, ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Charlie a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du café qu’il a créé avec sa soeur, Charlie retrouve leur maison dans un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme si ce n’est des traces de sang mal essuyées sur le carrelage de la cuisine. Quelque chose de grave est arrivé.
Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue car, très vite, Charlie ne tarde pas à devenir le suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi lui cachait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Charlie est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.
Polar ? sans doute mais surtout roman psychologique époustouflant, composé de chapitres donnant alternativement la voix à Nick puis à sa femme Amy. Un livre  qui dissèque la vie conjugale et ses vicissitudes. Et qui nous manipule !
570 pages, mais plus on avance dans la lecture plus on a de mal à poser ce bouquin très prenant, en tête des ventes aux Etas-Unis.Par l’auteur de Sur ma peau (Calmann-Lévy) et des Lieux sombres, déjà publié chez l’excellente jeune maison d’édition Sonatine.

n.b. Si vous lisez le titre à haute voix précisez bien à votre auditeur qu’il s’agit des apparences en 1 mot et pas en deux (les appâts rances, titre qui pourrait être dissuasif…)

Quelques extraits :

C’est notre premier anniversaire de mariage et je suis grosse d’amour, même si les gens n’ont pas cessé de nous dire que la première année allait être très dure, comme si nous étions des enfants naïfs partant pour la guerre la fleur au fusil. Ça n’a pas été dur. Nous sommes faits l’un pour l’autre.

Si les policiers parlaient à n’importe laquelle de mes connaissances, ils apprendraient bien vite que je n’allais que rarement à la plage, et qu’il ne m’arrivait jamais d’y emporter une tasse de café pour profiter simplement de la matinée. J’ai une peau blanche d’Irlandais et je ne supporte pas de rester à me regarder le nombril : la plage c’est pas mon truc.

Je ne pense pas qu’il le fasse par méchanceté, c’est juste qu’il a été élevé comme ça. Son père faisait ce qui lui chantait, toujours, et sa mère encaissait. Jusqu’au jour où elle a divorcé.
Il se lance dans son mensonge. Je ne l’écoute même pas.

-Eh bien, en fait, Nick, si. Elle a tenu un journal pendant environ sept ans.
-OK.
Quelque chose de terrible était sur le point de se produire. Une fois de plus ma femme avait fait marcher sa cervelle.