de Annie Saumont, aux éditions Julliard, 16€

Dix-neuf nouvelles de trois à dix pages. Annie Saumont fait dans le court. Elle raconte, ne démontre jamais. Elle décrit ce que font ses personnages mais jamais ce qu’ils pensent. Elles ne portent aucun jugement sur eux. Pas de complaisance ni de sentimentalisme. Des histoires acides, des errances, des dérives. Des personnages fragiles souvent cabossés par la vie qui puisent au tréfonds d’eux-mêmes une formidable envie de vivre.

Elle a douze ans, elle venge sa mère qui est devenue boiteuse à la suite d’une bagarre dans un café… Maly prépare des sandwiches dans un Delicatessen, un jeune homme grand – beau dira-t-elle – l’entraîne dans une belle maison au porche à colonnades, ils échangent des frissons, des soupirs, il lui dit de rester là qu’il va chez des amis mais reviendra dans une heure, il ne revient pas… Il est élevé par sa tante Alice – un long nez, un regard impénétrable – une obsédée de la propreté et de l’ordre qui se méfie de tout ce qui salit – tout salit – mais un jour avec une éponge propre… Amélie a un BTS de gestion, ses deux frères leur brevet des collèges ; ils ont quitté le village ; ils ne donnent pas de nouvelles à leurs parents ; un jour leur mère ira à la ville voir comment ils s’arrangent… Une femme sur une plage qui vient d’écrire une lettre se terminant par : « Viens » ; mais c’est un autre qui arrive à l’improviste…Un adolescent sort de son orphelinat en fin de semaine pour aller chez Karine, une femme seule, très prévenante, sourde, qui lui transmet un peu de chaleur ; mais voilà qu’un jour il voit le blouson d’un homme jeté sur le dossier d’une chaise…

Ah j’allais oublier : Annie Saumont a de l’humour et de la tendresse en vrac ainsi qu’un grand amour pour la liberté, celle du style en particulier ; elle n’a peur de froisser ni les bonnes mœurs, ni la grammaire.

Nouvelles. 190 pages.