de Michel Monnereau, aux éditions La Table Ronde, 19.50€

Les chiens sont décidément un sujet tendance en ce début d’année… Benjamin, 28 ans, lassé de sa femme peu aimante, de son métier dans la publicité, décide tout à trac d’en devenir un, de chien. Il suffit de s’endormir en le voulant très fort et le lendemain la métamorphose est opérée, paraît-il. C’est du moins le parti pris de ce livre. On ne cherche pas à le croire, l’essentiel n’est pas là : il s’agit plutôt de développer cette fable pour porter sur notre société un regard différent –qui, s’il est à ras de terre, ne manque pourtant pas de hauteur.
Voilà donc notre toutou errant dans Paris, apprenant les à-côtés de la liberté : la faim et le froid, entre autres… Tour à tour il aura l’idée saugrenue de se faire adopter par ses propres parents, il connaîtra la fourrière après une carrière fulgurante de serial-mordeur spécialisé dans le mollet de brunette, sera adopté puis abandonné par un routier infidèle, avant qu’une quadragénaire en Porsche ne lui donne la furieuse envie de redevenir homme.
On reconnaît la patte du poète qu’est Monnereau dans le plaisir qu’il prend à jouer avec les mots, à décaler légèrement les expressions pour qu’elles s’adaptent à une vie de chien. Voilà un conte fort réjouissant en ces temps tristounets. A mettre dans toutes les gamelles !

Paru en janvier 2009. Roman. 14×21 Cm. Broché. 231 pages.