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de Andrew Sean Greer, Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Papot, aux éditions L’Olivier, 22€

L’artifice littéraire original -les électrochocs qui font voyager Greta Wells dans le temps- permet à A.S. Greer d’exposer avec finesse l’évolution des mentalités américaines durant le siècle dernier, et plus particulièrement lors des paroxysmes des deux guerres mondiales, et de celui qu’il présente comme la troisième : l’explosion du sida en 1985.

Qu’est-ce qu’être homosexuel en 1918 ? Comment une femme vit-elle en 1941 son infidélité, alors que son mari est sur le front ? Et, à ces deux dates, qu’implique avoir une origine allemande ? Et si, au fond, d’une époque à l’autre ne changent ni les sentiments ni les passions, quel serait pour Greta le meilleur des mondes, celui sur lequel arrêter l’aiguille de cette folle machine à explorer le temps -clin d’oeil à un autre Wells ?

La profonde humanité de chacun des personnages nous embarque dans cette histoire “impossible”, et nous fait partager ce parcours qui va du désespoir à la lumière. “Voir la forme de la vie, voilà notre seule réponse.”