de Diane Meur, aux éditions Sabine Wespieser, 29€

Amateurs de grandes sagas familiales qui se déploient sur près d’un siècle, réjouissez-vous. En voici une qui va vous accompagner de longs moments, durant votre lecture et bien après.
Nous sommes en Galicie, terre rattachée à l’empire des Habsbourgs, depuis le partage de la Pologne, qui excite les convoitises autrichiennes, polonaises et russes.
C’est en 1820 que Jozef Zemka, fils de confiseur, se rend pour la première fois chez le baron et la baronne von Kotz, lors d’une réception. Les regards des invités un instant attirés par sa beauté se détachent vite du nouveau venu en raison de la pauvreté de son habillement. Jozef deviendra l’intendant du baron. Il séduira Clara von Kotz, vingt-six ans, qui avait refusé plusieurs prétendants présentés par son père. Jozef lui fera cinq filles, pas un garçon, hélas. Il en aura bien un mais avec une femme du village.
Cinq filles à marier, une malédiction en un sens ; mais leur jeunesse, leur gaieté, la conscience qu’elles avaient d’être fraîches et à prendre, rayonnaient sur la région et lui communiquaient un frisson de désir, un appétit de vivre général.
Et vous voilà embarqué dans une captivante histoire familiale.
J’ai omis de vous donner un détail : la narratrice est la… maison qui derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique épie ses habitants. Elle est partout, elle entend tout, elle a une excellente mémoire du passé. Elle observe les occupants, tente de comprendre, s’angoisse, compatit, s’indigne. Cette singularité qui n’est jamais pesante, ni contraignante, donne au roman un attrait supplémentaire.
Passionnante saga familiale, fort bien écrite, avec des personnages attachants, des drames, des rebondissements, des coups de théâtre. L’attention ne faiblit jamais. Le plaisir de lecture est profond et constant de la première à la dernière page.

Paru en août 2007. 712 pages.