gouirande Maurice Gouiran, aux éditions Jigal Polar, 18.50€

Il y a plusieurs façons de perdre ceux qu’on aime. Voyez Clovis. Il a perdu Samia, à peine sauvée de l’enfer de Sabra et Chatila, quand elle lui a préféré son ami François. Et voici que Samia revient, des années après, le réveiller de son hibernation provençale : elle a perdu François entre Madrid et Barcelone où il enquêtait sur les vols d’enfants par la dictature franquiste. Depuis, silence radio. Pour les -très- beaux yeux de Samia, Clovis retrouve ses vieux réflexes de journaliste et remonte les traces de son ami. Et vite il comprend que c’était sa propre filiation que François recherchait : sa naissance bien loin de là, dans un Lebensborn du IIIème Reich.

Palestine, Espagne, Allemagne : on sent que Maurice Gouiran a autant enquêté que ces héros (et sans doute plus) pour ce voyage au cœur de la barbarie du second XXème siècle, et on referme son livre doublement meurtri : d’une part parce qu’on sait que partout et toujours les enfants sont la première victime de nos folies -et d’autre part parce qu’on comprend bien que ceux qu’on aime et qu’on a perdus ne reviennent jamais.

Un roman noir qui vous secoue comme un chagrin.