de Franck Pavloff, aux éditions Albin Michel, 15€

Tout au nord du Grand Nord de l’ex-empire soviétique, dans une région rayée des cartes et hautement radioactive, cohabitent les survivants de diverses communautés. Seuls Kolya, un lapon solitaire et la dernière jeune, Lyouba vont s’aventurer vers les zones interdites, bafouant les règles intériorisés par les autres prisonniers, bravant les tempêtes sur la banquise et les tirs des gardiens.
Taillée dans le cristal des mots, chaque phrase dense, âpre et poétique forme une boule dure visant le lecteur en plein coeur. D’un roman à l’autre, que l’action se situe dans un lieu universel (Matin brun), dans l’ex-Yougoslavie dévastée (Le Pont de Ran-Mositar), au pied d’un volcan (Le Grand Exil) ou sur la glace, Franck Pavloff instille le même message : parmi les nombreux dangers qui nous guettent et qu’il ne faut pas sous-estimer – ceux des forces terribles de la nature ou de la répression- le pire est à l’intérieur de nous-mêmes. Il s’agit de la soumission et de son pendant, la détestation du voisin. Conservons l’espoir, comme les oies sauvages qui volent cou tendu vers un printemps incertain !

(Danielle Deloche)

Aux editions Albin Michel, 15 €

Paru en janvier 2012. Roman. 14×21 Cm. Broché. 202 pages.