de Patrick Modiano, aux éditions Gallimard, collection Blanche, 16.50€

Dès l’entrée, c’est avec délices que l’on se met à déambuler dans un livre de Modiano. On se plie à son pas, à son rythme, à ses mots simples mais justes, sans effets spéciaux. Et l’on s’égare dans les rues du Paris d’hier et d’aujourd’hui.

Comme d’habitude, le narrateur rend visite à son passé. A partir de « souvenirs à éclipse », il tente de pénétrer dans cette « matière sombre » dont les astronomes pensent qu’elle est « plus vaste que la partie visible de votre vie ».

Il avait 20 ans, Jean Bosmans, il écrivait son premier livre tout en travaillant dans la librairie des Editions du Sablier lorsqu’il a rencontré Margaret Le Coz, française née à Berlin de père inconnu. Dans ces années d’après-guerre, tous deux avaient du mal à ancrer leurs vies, tous deux fuyant des fantômes familiaux. Un jour, elle a disparu sans laisser de traces.

Aujourd’hui, Jean veut se persuader que l’on peut retrouver sa jeunesse perdue, glisser vers cet « horizon » resté intact. L’avenir serait-il derrière nous ? Ou plutôt le passé serait-il toujours juste à côté de nous, derrière la frontière invisible ?

Paru en mars 2010. Roman. 14×21 Cm. Broché. 171 pages.