de John Harvey.
Ed. Rivages/Thriller. 364 p. 21 €.

lignes-fuite-2Harvey est passionné de jazz et de peinture. Il est éditeur et poète. Il est fort connu et apprécié pour son héros récurrent l’inspecteur Charlie Resnick dont il n’est pas question dans ce nouveau polar.

Tout commence avec la découverte d’un jeune Moldave sous la surface d’un étang gelé du parc Hampstead Heath de Londres. Karen Shields, inspectrice divisionnaire d’origine jamaïcaine, mène l’enquête avec Ramsden, son complice, son bras droit depuis plusieurs années. Lui est toujours entre deux épouses, généralement

Celles d’autres hommes. Elle, elle vit seule, va avec des copines en boite, rentre chez elle, s’offre un verre de vin rouge en écoutant Aretha Franklin. Le soir du 31 décembre, elle se retrouve au lit avec un livre pour toute compagnie. Ce n’était pourtant pas par manque de propositions. Tu vieillis, ma grande, songea-t-elle.

Trevor Cordon est un policier vieillissant placardisé dans une petite ville de Cornouailles, un trou perdu, où, à la tête d’une équipe de 5 personnes il fait de la police de proximité : disputes, troubles à l’ordre public, de temps en temps un cambriolage. Des broutilles. Il lit, écoute de la musique – Bach et du jazz – et boit du scotch. Il recherche Letitia, une ancienne droguée qu’il a connu quinze ans plutôt quand elle s’appelait Rose. La mère de Letitia, venue à Londres pour essayer de savoir ce qu’est devenue sa fille dont elle est sans nouvelles, finit sous le métro. Est-elle tombée, a-t-elle sauté, ou l’a-t-on poussée ? En apprenant cela Cordon sent dans ses tripes un truc, un pressentiment qui lui noue le ventre.

Il va se retrouver dans une enquête qui va croiser celle de Karen à Londres, du côté des mauvais garçons ukrainiens.

Une écriture sans boursouflures, sans rides qui ne s’égare pas dans la psychologie. Les personnages ont une densité qui les rend crédibles et attachants.

Un beau polar en forme de blues. A déguster, en écoutant Chet Baker, un scotch dans l’autre main.