de Jean-Luc Coudray, aux éditions L’Amourier, 11€

Sous titré Philosophies d’un curé de campagne voici un livre fort divertissant empreint d’hédonisme.
Monsieur le Curé voyait Dieu partout. Dans les fleurs, les lézards et les jeunes filles. Un jour, l’une d’entre elles, Amandine, le séduisit. Ils se virent durant plusieurs années jusqu’au jour où Amandine demanda un enfant. Monsieur le Curé refusa : Sauvons d’abord les âmes avant d’en faire de neuves. Amandine s’adressa à un autre. Monsieur le Curé dut renoncer à la vie sexuelle qu’il avait connue ce qui était un autre défi que de renoncer à connaître la vie sexuelle. Il tenta alors de devenir saint, seule solution qui lui restait pour être heureux.
Cet humble prêtre perçu alors que la pire tentation d’un homme de Dieu n’est pas la gourmandise, ni encore moins le sexe, mais le désespoir.
Un évêque vint vérifier la sainteté du mode de vie de Monsieur le Curé ; la baignoire, un fauteuil confortable, des victuailles en nombre qui semblaient se rebiffer contre la platitude des jours, la bibliothèque et ses livres, un tableau, la cave et ses divines bouteilles et même le jardin fleuri furent l’objet du courroux du prélat. Au « Vous avez fait vœu de pauvreté et vous vivez de manière aisée » de l’évêque, Monsieur le Curé répondit « Le malheur, la misère et la souffrance conduisent au repli sur soi et non à l’ouverture sur autrui ». Sans convaincre. Mais il prit soin d’offrir au dignitaire un grand cru de la région. Il savait qu’ainsi l’évêque s’enivrerait chez lui par devoir de reconnaissance et trouverait, par voie de conséquence, la vie plus belle.
Monsieur le Curé aura aussi des conversations avec un anticlérical et même avec Satan.
C’est fin, savoureux, impertinent, audacieux. À ranger dans votre bibliothèque dans le rayon « sagesse » ou « bonheur » voire même religion, pourquoi pas ?

80 pages.