de Eric Faye, aux éditions Stock, 13€

Bien des petits livres, c’est une évidence, pèsent plus que les pavés écrits au kilomètre, et dont l’épaisseur équilibre rarement la vacuité.

Que se passe-t-il dans Nagasaki ? Trois fois rien : un quinquagénaire plutôt terne soupçonne que quelqu’un s’introduit chez lui en son absence. Il fera arrêter la squateuse. On est à la page 70. Les 30 dernières donnent la parole à cette femme et concluent sur la lettre qu’elle écrit, mais n’envoie pas, au propriétaire pour lui expliquer, peut-être, pourquoi elle avait choisi cette maison.

On pourrait graver cette histoire sur un grain de riz : l’écriture d’Eric Faye est tout en concision, traversée d’éclairs poétiques, principalement quand il parle de la nature, des saisons, du temps qui passe -ce qui, sans doute, est assez japonais.

Restent deux solitudes qui ont vécu en même temps dans le même lieu, sans en être moins seules, et qui se comprennent, se sentent. Communient. Les deux faces d’une même pièce qui pourrait être le livre que nous tenons.

“J’ai écouté longuement mon appartement et guetté, oui, guetté les odeurs qu’elle aurait pu laisser comme signature de son passage…”

Paru en août 2010. Roman. 12×19 Cm. 108 pages.