de Stefán Máni et traduit de l’islandais par Eric Boury, aux éditions Gallimard (série noire), 21.5€

Ames sensibles, s’abstenir. Sujet au mal de mer, passez à la chronique suivante.
Amateurs d’histoires de cargos de 4.000 tonnes pris dans de grosses tempêtes où ça sent le mazout, où le fracas des machines recouvre à peine les hurlements du vent, où les hommes se déchirent dans un huis-clos terrifiant, précipitez-vous. Voici un polar islandais à nul autre pareil.

Ils se sont embarqués en Islande sur le Per se, un vieux cargo, à destination du Surinam où ils vont charger de la bauxite. Ils sont neuf à bord. Chacun avec ses secrets, ses rancœurs, ses angoisses, son cœur à la dérive.

Présentation rapide des protagonistes, par ordre de montée à bord : Saeli, jeune papa, très malheureux au jeu, doit pour éponger ses dettes rapporter de la drogue de sa future escale au Surinam ; le Démon, violent et brutal ; le Président Jon, alcoolique et raciste ; puis un groupe de trois : Asi, le cuistot, Johan le Géant et Runar le mécano, qui, avec Saeli, se sont laissés convaincre par le Président Jon que c’était la dernière traversée de ce cargo et que la seule façon d’éviter de se faire mettre au chômage par les « youpins » après cette traversée est de se mutiner en pleine mer ; Guðmundur, le commandant, sait que c’est la der des der, que l’équipage va être licencié ; il appréhende la vie avec sa femme plongée dans une vive déprime depuis la mort de leur fille huit ans auparavant ; Jonas, le commandant en second qui a tué et enterré sa femme quelques heures avant d’embarquer et enfin, le soutier, drogué et inquiétant.

Ajoutez qu’un membre de l’équipage – lequel ? – coupera, en pleine mer, toutes les communications. Ambiance. Puis la tempête se lève…

Un formidable thriller en haute mer, violent, original, très bien construit avec un suspens qui ne faiblit jamais. Un livre qui vous hantera longtemps.

478 pages.