de James Meek et Traduit de l’anglais (Ecosse) par David Fauquemberg, aux éditions Métailié, 20€

Adam Kellas, 37 ans, Écossais, grand reporter, écrit son troisième roman. Alors que ses deux précédents livres n’ont pas connu le succès, ce qui l’avait découragé plutôt qu’accablé, ce troisième roman est conçu pour vendre le maximum d’exemplaires dans le minimum de temps, pour être adapté en film et en jeu vidéo, pour rapporter un maximum d’argent.
Même s’il se vante d’apprécier plus que tout la compagnie des femmes, Adam n’a cependant jamais été heureux avec une femme au-delà de quelques mois.
Comme tant d’autres avant lui, Kellas s’était rendu compte qu’il n’était pas assez courageux pour passer pour un lâche et s’était envolé vers la guerre. En Afghanistan.
À Kaboul, en octobre 2001, il rencontre Astrid, 34 ans, une journaliste américaine, dont le visage, lorsqu’elle souriait, resplendissait d’un bonheur bien trop grand pour qu’elle puisse l’épuiser toute seule. Avec elle il s’aventurera sur le front ce qui tournera au drame (une scène d’une intensité dramatique remarquable)
Décembre 2002. De retour à Londres, un éditeur américain lui a proposé un à-valoir de 100 000 Livres pour les droits mondiaux de son livre. Il quitte son boulot. Un jour il reçoit un étrange message d’Astrid : Je veux te voir. Je veux que tu viennes me voir, à n’importe quelle heure pour m’expliquer au juste ce que tu veux de moi. Il décide d’aller immédiatement la rejoindre mais auparavant va dîner chez un vieil ami, écrivain lui aussi. Durant la soirée il s’emporte lors de discussions sur la guerre, crée un énorme scandale (encore une scène très réussie), fuit le désastre, se rend directement à l’aéroport, voyage en première classe jusqu’à New York, en veste de lin noir, la chemise encore tâchée de sang, sans bagages. Dès son arrivée en Amérique bien des désillusions l’attendent. La descente commence vraiment.
Par l’auteur d’Un acte d’amour (Métailié. 22 €) qui se situait en 1919 en Sibérie où quatre personnages avaient des opinions divergentes sur ce qu’était l’amour, ce nouveau roman mêle la violence d’une intrigue amoureuse avec celle de la vie de correspondant de guerre en Afghanistan et de la destruction d’une amitié. Et comme la construction nous offre par fragments les différents épisodes qui le composent voilà un livre dont il est bien difficile d’arrêter la lecture.
James Meek, Écossais, né à Londres en 1962, grand reporter, a vécu en Russie de 1991 à 1999. Il collabore actuellement au Guardian, à la London Review of Books et à Granta.

336 pages.