nox1de Yves Grevet, aux éditions Syros, 16.90€

L’humanité vit coupée entre la ville haute qui abrite les plus riches et la ville basse où s’entassent les pauvres, leur degré de misère se mesurant à l’altitude plus ou moins importante de leur maison. Tout en bas, c’est un brouillard épais, le fameux nox du titre. Lucen survit avec sa famille en économisant l’eau, en pédalant pour produire de l’électricité. Il attend de se marier avec Firmie, sa promise un peu rebelle, dès qu’ils auront dix-sept ans et qu’elle sera enceinte comme l’impose la loi. Et puis d’un seul coup, tout bascule. Le petit groupe d’amis d’enfance de Lucen explose, les miliciens conservateurs s’opposant aux révolutionnaires. Lucen aimerait ne pas prendre position. Mais sa rencontre avec Ludmilla, une jeune fille de la ville haute qui enquête sur la disparition brutale de sa nourrice issue des bas quartiers, le rend suspect, trop suspect…

La trame est implacable et enchaîne les scènes avec une précision minutieuse toujours en alternant les points de vue de Lucen et Ludmilla, et quand l’action le concerne, Gerges, l’ami d’enfance. Cette alternance donne un double éclairage à l’univers sordide et asservissant : la lumière qui réprouve et s’interroge et résiste et l’obscurité qui consent et collabore.

Une dystopie passionnante à partir de la 4ème.

nonoko