de Kenneth Cook et Traduit de l’anglais (australien) par Mireille Vignol, aux éditions Autrement, 14€

Kenneth Cook (1929 – 1987) est l’auteur de Cinq matins de trop, cette étouffante et éprouvante descente aux enfers de John Grant, instituteur dans un coin perdu de l’Australie arriérée de l’Outback, qui va laisser son âme à Bundanyabba dans le jeu et la bière.
Voici une nouvelle plongée dans les ténèbres, basée sur des faits réels. Jack Foster est propriétaire d’un petit bateau de pêche à Bernadine, petit port australien replié sur lui-même. Pour tout équipage il a avec lui, Bill, un noir, qui l’accompagne à la pêche au flathead. Il s’en sort plutôt mal que bien et rêve de jours meilleurs. Un jour, à la suite de la noyade d’un des leurs, des Italiens, des métèques, décident de vendre la Santa Maria, un thonier. Jack voit là une opportunité de se lancer dans la pêche au thon plus lucrative et de mettre enfin sa famille à l’abri du besoin.
Sûr de sa réussite future, têtu, il va s’endetter au-delà de toute prudence et s’enferrer dans une spirale infernale.
Un portrait d’un homme obstiné qui n’hésite pas à mettre en jeu tout ce qu’il possède, et même sa vie, dans l’espoir d’une pêche miraculeuse.
Ce qu’il y a de remarquable dans ce livre, tout comme dans Cinq matins de trop, c’est l’enchaînement qui conduit peu à peu les protagonistes à gommer toute raison, à se convaincre qu’un but illusoire peut être atteint et devenir réalité. Avec l’assentiment moqueur de la société locale qui voit dans cette irrésistible dégringolade une occasion de distraction et de rompre la monotonie des jours qui se répètent à l’identique.

Paru en mars 2007. 176 pages.